Que représente un tableau de bord de pilotage?
Définition:
Un tableau de bord de pilotage permet de mesurer, d’évaluer, de suivre la réalisation des actions et de surveiller les paramètres sensibles des activités opérationnelles et stratégiques.
C’est aussi un des six outils d’une démarche mise au point par le professeur Henri SAVALL, et connue sous le nom de Management Socio-économique.
Il s’agit d’un mode de gestion intégrant étroitement la dimension sociale de l’entreprise et sa performance économique. Il comporte des méthodes de gestion globale s’appuyant sur le développement humain de l’entreprise comme principal facteur d’efficacité à court, moyen et long termes.
Contrôler ou piloter ?
Comme nous le constatons, cette notion a évolué avec l’environnement socioéconomique dans lequel les organismes s’inscrivent. Cette explication est très bien détaillée dans le livre de Monsieur Yvon MOUGIN « les nouvelles pratiques de l’audit de management QSEDD »
En effet dans les années 50 il était important de se mettre en conformité avec les spécifications, nous étions donc dans une phase de contrôle pur et dur, le concept de contrôle était là pour filtrer les productions au sortir des chaînes de montages. Les coûts salariaux n’étaient pas encore une réelle contrainte pour les entreprises.
Vient ensuite les années 70 et la première crise pétrolière et une prise de conscience des coûts, une nouvelle notion pris naissance à cette période, rappelez-vous la notion de « erreur zéro » chère à Monsieur KROSBY et cette question « Avez-vous déjà réalisé un produit avec zéro défaut ? » bien évidemment Monsieur KROSBY « alors pourquoi fabriquez-vous des pièces avec des défauts » évidemment si nous pouvons en fabriquer sans défaut pourquoi en produire avec défaut. Nous voyons que nous introduisons une notion d’efficacité dans la réflexion du management. A cette période si nous achetions une marchandise quelconque s’inscrivant dans une gamme de produits spécifiques, notre choix ne se portait plus sur la qualité parce qu’elle était sensiblement pareille pour l’ensemble de la gamme, mais sur le design ou autre.
Avec l’avènement de la nouvelle mouture de la norme ISO 9001/2000 une nouvelle notion fait jour la notion de satisfaction du client, cette fois le produit devient secondaire mais le client le centre des préoccupations de l’organisme, satisfaire le client reprend, bien entendu, les évolutions précédentes mais une nouvelle dimension est donc induite dans l’organisation. Contrôler n’est plus suffisant car trop restrictif, l’ensemble de l’organisation change et maintenant nous allons devoir piloter, c’est-à-dire donner des orientations à l’organisme et vérifier que celui-ci tend à permettre à l’organisme d’atteindre ses objectifs.
Avons-nous maintenant atteint la limite de ce que les organismes peuvent faire ? Force est de constater que non, de plus ces système ne s’inscrivent-ils pas dans une démarche liée à l’amélioration continue, en effet actuellement les systèmes de management doivent être performant et maîtriser les coûts le maître mot est efficacité et efficience, pourtant une nouvelle notion est en passe de devenir celle de la prochaine décennie, c’est le développement durable le QSEDD. Nous allons devoir sublimer le pilotage en intégrant la dimension développement durable et de responsabilité sociétale.
Pourquoi mesurer la performance ?
Nous venons de voir que de plus en plus nous devons piloter
Les organismes actuels quoique en pleine évolution sont encore dans la mentalité des plus anciens, porteurs du poids du passé, ce passé ou contrôle était associé à erreur et erreur avec sanction.
Encore actuellement il est très difficile de parvenir à obtenir des informations au sein des organismes parce que cette peur de la sanction est encore présente, malgré le fait que dans tout système de mangement de la qualité qui se respecte « on joue le ballon et pas le joueur ». Cette mentalité reste encore bien présente mais tend à évoluer dans le bon sens, mais pas encore assez rapidement, la résistance au changement est le talon d’Achille de l’amélioration continue.
La mise en place d’indicateur de performance KPI entre dans cette logique de pilotage, on ne mesure pas pour contrôler ce qui induit que ces indicateurs doivent se focaliser sur la performance des structures, des organisations et des processus plus que sur le contrôle des individus ou de l’atteinte ou non d’objectifs.
Ce contrôle « ancienne mouture » est contre performant et même parfois pénalisant.
Mesurer est savoir
La mise en place de système de mangement nous oblige à mettre en place des mesures nous permettant d’obtenir des informations pertinentes sur le fonctionnement de l’organisme et doit nous permettre d’agir plus que de réagir. Cela oblige également les managers d’avoir une vision claire des possibilités de leur structure « capabilité », de pouvoir anticiper sur les événements à venir ou sur l’organisation en devenir.
Le tableau de bord est donc un instrument à la disposition des dirigeants pour piloter leur organisme.
Ou éviter d’être des managers comme le disait Winston CHURCHILL :
« C’est comme Christophe COLOMB, quand ils partent, ils ne savent pas où ils vont et, quand ils arrivent, ils ne savent pas où ils sont ».
Le tableau de bord et les indicateurs doivent servir à diriger et permettre une très grande visibilité de l’organisation en y plaçant des KPI « Key Performance Indicator » qui parlent aux dirigeants leur permettant d’anticiper plus que de réagir. Trop de dirigeant actuellement passe plus de temps à éteindre les incendies plutôt que d’éviter qu’ils ne se déclarent.
Ceux-ci doivent aussi être pour résumer un peu :
Simple
Mesurable
Accepté
Réaliste
Temporel
Le tableau de bord doit intégrer et mesurer, pour piloter, plusieurs notions de performances que sont les principes de la norme ISO 9001
Orientation client « satisfaction et image de marque »
Leadership
Implication du personnel
Approche processus
Management par approche système
Amélioration continue
Approche factuelle pour la prise de décision
Relation mutuellement bénéfiques avec les fournisseurs
Mais également :
La maîtrise des coûts
La maîtrise des prix de revient
Performances des services.et des processus
Principe du tableau de bord de pilotage
Le tableau de bord de pilotage est un outil de management personnel qui doit être construit de sorte à rendre la fonction, le service, l’organisme performant.
Mais comment alors construire mon tableau de bord ?
En se posant quelques questions simples et importantes :
De quels indicateurs ou KPI ai-je besoins pour prendre des décisions en fonction des responsabilités que je dois assumer
Quels indicateurs me servent pour rendre compte à mes supérieurs des performances du fonctionnement de mon service
De quelles informations mes collègues ou collaborateurs ont besoins pour être performants
A quelle fréquence dois-je les communiquer
De quelles informations dois-je disposer pour répondre aux attentes de mes partenaires
Sous quelles formes dois-je les présenter pour les rendre accessible et compréhensibles.
De quels indicateurs suis-je responsable
Sur base de quels indicateurs les performances de l’organisme, du service, ma fonction seront-elles estimées.
Le tableau de bord n’est pas un outil d’animation
Trop souvent encore lors de réunion on s’attarde plus sur la forme que sur le fond de la présentation à ce sujet, je vous conseille de lire « Réunion mode d’emploi de Michael DOYLE et David STRAUS »
Extrait :
Les entreprises sont assiégées de toutes parts. Elles subissent des pressions externes : le consumérisme, la concurrence internationale, les rapides transformations du marché et les responsabilités sociales qu’elles doivent assumer ; mais elles ont aussi à faire face à des pressions internes : l’évolution des technologies et une main d’œuvre de plus en plus éduquée, puissante et revendicatrice. Tout cela oblige les entreprises à se transformer.
Il est donc fondamental que le tableau de bord de pilotage soit de plus en plus un outil d’aide au management et donc à la prise de décision, la performance de l’organisme dépend de la justesse des indicateurs et de leur suivi dans l’entreprise et donc de la gestion et du suivi du/des tableau(x) de bord.
N’oublions pas que mesurer est savoir
Il est donc fondamental que le tableau de bord intègre les différents axes de la performance de l’entreprise pour que la vision qu’en ont leur dirigeant ne soit pas tronquée et leur permette de prendre toutes les décisions qui s’imposent en ayant une connaissance étendue de leur fonctionnement assurant de la sorte leur développement durable et leur permettant d’assumer leur responsabilité sociétale.


Entreprises en difficulté suite à la crise
13 octobre 2010Suite à la crise bons nombres d’entreprises doivent faire face à des difficultés importantes pourquoi et comment réagir ?
Il y a quelques années encore lorsqu’une entreprise s’imposait, généralement avec les années elle asseyait sa réputation et assurait son avenir.
A moins de rencontrer des problèmes sur le plan personnel, généralement elles pouvaient se targuer d’assurer leur continuité parfois sur plusieurs générations.
Il existait une certaine stabilité dans la continuité de fonctionnement des structures existantes.
Il y avait des guerres et certaines structures disparaissaient certes, mais d’autres s’en trouvaient renforcées, il y avait des secteurs plus porteurs que d’autres et aussi le marché n’était pas aussi ouvert qu’actuellement, le monde lui-même était différent.
Si nous parlons de la Belgique, nous avons hérité d’un tissu industriel et de communication à la pointe de ce qui se faisait de mieux et nous avons vécus sur ce train-train rassurant et ronronnant pendant prêt de 150 ans.
Les années 60 et 70 auront connus le pic de ce qui avait été la Belgique à papa.
La première crise pétrolière aura marqué le glas de tout ce qui aura été et en quelques années sera devenu « has been ».
Il est très difficile de se débarrasser d’une mentalité acquise sur une période aussi longue, difficile de se remettre en question lorsque papa et grand-papa fonctionnaient déjà comme çà, mais voilà le monde change et évolue.
Mon propos n’est pas de polémiquer sur le sujet mais de faire comprendre que le monde a changé et évolué à une vitesse folle sur quelques décennies.
Pourtant notre économie fonctionne ou voudrait toujours fonctionner comme avant comme si nous avions difficile à nous défaire de ces bonnes vieilles habitudes.
On continue à s’accrocher à une économie basée sur la croissance.
Pourtant force est de constater que ce modèle a des limites et le monde entier en ressent encore les effets négatifs précipitant les entreprises dans des difficultés qui pour beaucoup seront ou sont insurmontables et disparaîtront.
Nous pourrons arguer que finalement ce sont comme dans la nature les structures les mieux adaptées qui survivent et se développent.
Ce serait réducteur que de penser ainsi, en effet la nature et l’histoire nous démontre qu’il a existé des extinctions massives d’espèces qui pourtant avaient survécus des millions d’années, il existe aussi des civilisations entières puissantes bâties à l’épreuve du temps et des hommes qui ont disparus.
L’homme a failli disparaître également il y a 70.000 ans.
Cela nous démontre qu’il n’y a jamais rien de parfait ni de parfaitement adapté à une situation quelconque parce que la situation elle-même n’est pas stable, si nous accélérons les changements comme ce qui sera le cas dans les années à venir nous constaterons que de moins en moins de structures seront adaptées et donc de plus en plus de structures disparaîtront jusqu’à ce que notre civilisation complète soit anéantie.
Nous avons eu la chance d’avoir une période sur le plan économique et fonctionnel des organismes assez stable avec une croissance importante qui a pris son envol avec la révolution industrielle et nous avons tous cru que cette situation devenait la règle.
Hors la règle est l’adaptation permanente des structures à un monde qui évolue la force de l’homme est sa faculté d’adaptation et ce semblant de stabilité finalement fut une insulte à notre intelligence, laissant engourdir nos structures.
L’économie, la fiscalité les dépenses de l’état et des ménages n’ont rien fait d’autre que de se laisser doucement aller à ce confort économique basé sur une croissance continue nous permettant d’envisager l’avenir et les dépenses sur plusieurs générations.
Bon nombre de conseils d’administration actuellement sont constitués à juste titre des anciens entrepreneurs qui voient dans ce statut la manière la plus évidente d’assurer leur avenir économique.
Ce qui était vrai hier est aujourd’hui devenu illusion, ce qui était n’est plus, le monde a changé et souvent nous n’avons pas tenu compte des signes avant coureurs, ni des recommandations des experts.
Il y en a encore qui actuellement disent qu’il n’y aura pas de pénurie de pétrole, ni que le réchauffement de la planète soit dû à nos excès.
Cette réaction est normale parce que ce que nous voyons, c’est que nous allons être confronté à une situation de survie et cette perspective est tellement terrible que pour éviter de sombrer dans la panique on fait un déni de la situation, beaucoup d’entre-nous restent pétrifiés.
La situation est telle que beaucoup redoutent de devoir prendre des initiatives et rejettent la vérité en se détournant de l’essentiel et ce à tous les niveaux.
En politique belge il y a le NORD le SUD BHV etc. qui semblent être les points essentiels même vitaux de l’avenir du pays, il n’y a pas plus important que cela au monde.
Pourtant qui se charge de réfléchir à comment nous allons rembourser la dette du pays ?
Qui se penche sur la manière de réagir face à un monde qui évolue si vite ?
Qui se soucie du fait que nous allons arriver en carence alimentaire dans le monde ?
Comme nous le voyons que ce soit le simple citoyen ou le plus grand homme d’état chacun à son niveau essaye de fuir la réalité qui se présente à lui et s’accroche à un passé que l’on espère voir revenir.
Il en va de même pour nos entreprises.
Pire il est même essentiel que ce soit les entreprises elles-mêmes puissent montrer l’exemple en réagissant le plus rapidement possible, il en va de leur survie.
Lorsque l’on entend survie on ne se focalise pas sur une catégorie bien précise de la société, il en va de toutes les catégories sociales.
La survie d’une entreprise assure la retraite de ses anciens dirigeants qui maintenant se trouvent dans le conseil d’administration, mais également des travailleurs qui en constituent la richesse première.
Mais le déni existe aussi ailleurs regardez en France 35 heures et 60 ans la pension, tout le monde veut croire que la crise sera passagère qu’après la pluie le beau temps.
Comment réagir ?
Il faut avoir la faculté de se remettre en question, il est nécessaire que chaque conseil d’administration puisse voir leur organisation sous une perspective autre que celle qu’ils ont toujours connues, en espérant secrètement que cela durera suffisamment longtemps pour qu’ils n’aient pas à se soucier outre mesure de ces changements.
100.000 entreprises ont les dirigeants qui ont atteint l’âge de 60 ans et 434.000 dans les 10 années à venir.
Soit 500.000 entreprises dans les dix ans risques de fermer leurs portes par faute de repreneurs ou de non adaptation à la situation économique actuelle et future.
Se remettre en question est facile à dire mais très compliqué parce que chacun voit toujours midi à sa porte et comme on dit « on a le nez dans le guidon ».
Les recettes d’antan tel que le « taylorisme » « fait ce que je te dis et tais-toi » ne sont plus de mise, ce type de structure est dépassé, il faut mettre en place des structures souples pouvant plus facilement s’adapter à des changements rapide, pour cela il faut mettre en place ce que l’on pourrait des structures en « démocratie participative », en effet les travailleurs eux-mêmes sont concernés par leur avenir et pas seulement au travers de leur syndicat.
Les travailleurs souhaitent tout comme leurs dirigeants la pérennité de leur structure pour assurer leur avenir, pour cela il faut les impliquer, tourner la page de ce qui se faisait pour véritablement placer les structures actuelles des entreprises dans la continuité de l’organisme sans pour autant que ce soit l’organisation qui soit pérenne, chaque structure doit pouvoir évoluer se modifier s’adapter pour assurer sa survie.
Il existe des spécialistes dans le domaine que sont les « consultants » ou « les médiateurs de crises » qui vont pouvoir intervenir dans ce but précis.
Imaginer un retour à « la normale » serait illusoire parce que la situation normale est l’adaptation permanente à un monde qui évolue.